Un tiers des CDI sont rompus dans l’année

Date de publication: 8 avr. 2019
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contrat

Acerta publie une étude sur le nombre de contrats de travail rompus au cours de l’année écoulée. D’après cette dernière, près de 30% des CDI conclus le 1er janvier 2017 ont pris fin la même année.

Les travailleurs belges auraient-ils tendance à quitter prématurément leur emploi? C’est en tout cas ce que semble révéler une étude menée par Acerta. D’après les résultats obtenus par le prestataire de services RH, près de 30% des contrats de travail à durée indéterminée conclus depuis le 1er janvier 2017 ont été rompus durant la même année. L’année précédente, cette proportion s’élevait à près de 25%. Un phénomène à la hausse qui peut s’expliquer par différents facteurs, à en croire Muriel Lefebvre, Senior consultant chez Acerta: «Le marché du travail se porte bien. On assiste à une pénurie dans certains secteurs, ce qui signifie que les profils intéressants sont courtisés. Ils ont des opportunités à saisir et trouvent facilement du travail». Mais ces ruptures précoces de contrat s’expliqueraient aussi par l’impatience grandissante des travailleurs belges. «Les candidats sont beaucoup plus impatients qu’avant. Ils dressent très vite le bilan de leur situation professionnelle. Les employeurs ont très peu de temps pour les convaincre car certains n’hésitent pas à quitter l’entreprise sur un coup de tête», explique Muriel Lefebvre. Dans deux tiers des cas, c’est d’ailleurs l’employé qui choisit de mettre un terme à son contrat de travail.

Les PME particulièrement concernées

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce phénomène touche les grosses entreprises comme les plus petites. «Les PME sont tout aussi concernées par les départs anticipés, peut-être même davantage que les grosses entreprises», avertit Muriel Lefebvre, «Ce phénomène concerne davantage les ouvriers qu’on retrouve souvent au sein des PME, d’où l’importance d’investir dans une bonne gestion des ressources humaines». Car la démission anticipée d’un collaborateur n’a, évidemment, rien d’enviable. «Le contrat à durée indéterminée est le résultat d’un processus coûteux en temps, en énergie en argent. Quand un nouveau collaborateur choisit rapidement de prendre la porte, tout cet investissement n’est qu’un coup dans l’eau», estime la Senior consultant.

Alors comment l’éviter ? En agissant sur plusieurs vecteurs, selon Muriel Lefebvre. «Il est illusoire de penser aujourd’hui qu’on engage une personne uniquement parce qu’elle correspond aux tâches actuelles requises. Il est nettement préférable de choisir un candidat pour sa capacité et sa volonté d’apprendre et à gérer les évolutions du contenu de la fonction. Les employeurs doivent miser sur les capacités d’apprentissage et d’adaptabilité d’un candidat», considère-t-elle. Mais malgré cela, le succès n’est pas garanti. «L’employeur doit aussi intégrer le plus rapidement possible le nouveau collaborateur dans l’entreprise, ses processus, sa culture et ses équipes. Pourquoi ne pas organiser des Welcome days, par exemple? Mais ce processus d’intégration commence aussi avant le premier jour de travail. Il est important de garder le contact avec son nouveau collaborateur pendant la période qui sépare la signature du contrat et son entrée en fonction. Il faut partir avec l’idée qu’il est nécessaire d’aligner les talents et les tâches à exécuter. Mais il faut aussi s’efforcer de maintenir la relation avec l’employé durant toute la première année et certainement au-delà», conclut Muriel Lefebvre, considérant ainsi que tout se joue au cours de la première année d’emploi.

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