Un tiers des travailleurs ne sont pas assez formés

Bien qu’encadrée par la loi, la formation des travailleurs semble perfectible. Près d’un tiers des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête pour le groupe Acerta n’ont suivi aucune formation l’année précédente. 

Le prescrit est clair : les employeurs doivent consacrer 1,9 % de leur masse salariale à la formation. Le font-ils vraiment ? Selon une enquête menée par le groupe Acerta auprès de 2.000 travailleurs, il semble que ces derniers n’en sont pas vraiment convaincus. Plus précisément, quelque 31 % des personnes interrogées n’ont suivi aucune formation l’année précédente. Un quart des travailleurs ont suivi une formation générale visant à étendre leurs connaissances dans leur domaine professionnel l’année dernière. Vingt pour cent ont reçu une formation technique uniquement, où un sujet déterminé a été approfondi.

Si les différences entre hommes et femmes sont minimes, elles ne sont pas davantage significatives en fonction de l’âge ou de l’ancienneté. C’est moins vrai selon les régions : en Flandre, un travailleur sur quatre affirme n’avoir reçu aucune formation durant l’année précédente, alors la proportion grimpe à 30 % à Bruxelles et 38 % en Wallonie. A l’inverse, certains travailleurs sont manifestement plus chanceux : plus de 11 % des participants indiquent avoir profité de plus de cinq formations aux frais de leur employeur au cours de l’année passée.

Selon Acerta, « il est frappant de constater que 43 % des participants ignorent si l’entreprise dispose d’un budget de formation par travailleur. Ce pourcentage passe même à 60 % si nous nous concentrons sur les moins de 30 ans. Dans l’idéal, chaque société devrait déterminer un budget de formation et le communiquer à l’ensemble des travailleurs. »

De quels types de formations parle-t-on ? Une bonne moitié des répondants (56 %) apprécient apprendre en pratiquant, ce qui ouvre la porte aux activités de coaching ou de mentoring, d’ailleurs souvent appréciées par les travailleurs en fin de carrière qui ont envie de lever le pied tout en transmettant leur savoir à la jeune génération.

Les cours classiques ont la cote

La formation classique dans un local de cours arrive en deuxième position : 53 % des personnes interrogées aiment avoir un contact direct avec un enseignant. «Pendant nos formations, nous remarquons que les travailleurs aiment encore pouvoir poser des questions en direct. L’aspect social reste important, malgré l’émergence de webinaires et de cours en ligne », témoigne Olivier Marcq, expert juridique chez Acerta.

Si 54 % des travailleurs belges privilégient une formation interne, 46 % préfèrent qu’elle se déroule dans un lieu externe. « Rencontrer des participants d’autres entreprises peut se révéler enrichissant. Cela donne d’autres points de vue et parfois des solutions auxquelles nous n’aurions absolument jamais pensé dans notre propre organisation, poursuit cet expert. Nous remarquons même qu’en matière de thèmes juridiques, il est intéressant de réunir des clients dans des formations externes sur la base de la commission paritaire à laquelle ils appartiennent. Il en résulte de ce fait une vaste interaction sur la manière dont les entreprises soumises aux mêmes conditions sectorielles de travail et de salaire appliquent celles-ci. »

On notera enfin que les nouvelles méthodes d’apprentissage ne recueillent pas vraiment les faveurs. Environ 17 % des personnes interrogées optent pour un recyclage en ligne, par exemple, qui pourrait pourtant leur ouvrir la porte d’une plus grande flexibilité dans la manière dont ils souhaitent se former. Ceci étant, trois quarts des travailleurs qui suivent une formation en tiennent eux-mêmes les rênes. En effet, 62 % déterminent la formation en accord avec un supérieur ou la direction, et 11 % reçoivent carte blanche et peuvent décider tout à fait librement.

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