Un travailleur sur quatre a un ennemi au boulot

Publié : mercredi 28 mars 2018 Par

Après avoir analysé l’amour au boulot, l’enquête intitulée “L’autre facette du travail” menée par Randstad s’est intéressée à la haine au boulot. En interrogeant quelque 1.800 travailleurs belges sur la thématique de l’ennemi au travail, le spécialiste de l’intérim est arrivé à la conclusion suivante: un travailleur sur quatre a un ennemi au travail.

“C’est énorme”, estime Jan Denys, spécialiste du marché du travail chez Randstad. "Le fait d’avoir des ennemis peut être lié à trois choses : la vengeance, la jalousie et la compétition. On peut très bien imaginer que cela correspond mieux aux profils des cadres supérieurs. On note aussi que le fait d’avoir des ennemis augmente avec l’ancienneté, même si très vite on peut en avoir. Ainsi un travailleur sur cinq qui est dans l’entreprise depuis moins de deux ans déclare déjà avoir un ennemi. "

Quels impacts sur l’entreprise ?

"Or l’impact sur l’entreprise peut être important. On estime que cela nuit au travail. Les effets négatifs : un stress croissant, la propagation de ragots et les promotions professionnelles manquées. On note aussi que ces relations perdurent dans le temps sans que l’on y remédie. On peut imaginer qu’une hostilité de longue date s’étende à d’autres travailleurs. L’impact sur l’ambiance au travail n’est pas à négliger, or c’est un élément essentiel de la motivation. C’est peut-être un point d’action pour le département RH. J’ai lu récemment plusieurs ouvrages sur la gestion des ressources humaines, et c’est un problème qui n’est jamais mentionné. Il est sous estimé. Contrairement à la problématique du harcèlement, qui touche 18 % des sondés. Mais ce n’est pas la même chose. L’étude montre d’ailleurs que l’existence d’ennemis et le harcèlement moral ne se croisent que dans une très faible mesure. "

Cette situation n’empêche pas des relations globalement positives sur le lieu de travail. Pour seulement 38 % des travailleurs sondés, un collègue est uniquement un collègue. " Mais on constate cependant qu’il y a dix ans seuls 29 % des sondés n’attribuaient pas à leurs collègues un rôle plus large. C’est une baisse importante. Et ce dans tous les groupes sondés. Les relations sont plus fonctionnelles qu’il y a dix ans", termine Jan Denys.

 

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