Une vaste campagne pour doper l’attractivité des soins de santé

Sous le label « J’aime mon métier », le Guide Social entend braquer les projecteurs sur le quotidien de ces personnes qui, applaudies pendant la crise sanitaire, voient aussi se profiler un manque de vocations. Objectif : faire renaître celles-ci, par le biais d’un message positif, centré sur le sens, sur les valeurs et sur la passion qui animent ces professionnels de la solidarité.

Le paradoxe est connu et, pour une large part, cruel : applaudi pendant la crise sanitaire, le personnel des soins de santé se sent découragé, insuffisamment valorisé, victime de conditions de travail largement perfectibles.

Comme le résume Émilie Vinçotte, co-directrice de l’Agence pour le Non-Marchand, « la crise sanitaire a remis en avant l’engagement précieux et le rôle primordial des professionnels du secteur social et de la santé. Aujourd’hui, les missions que ces femmes et ces hommes accomplissent au quotidien apparaissent plus essentielles que jamais.

Malgré cela, les professions du secteur psycho-médico-social sont frappées par une crise des vocations et par une inquiétante perte d’attractivité. » Une désaffection que l’on retrouve d’ailleurs aussi bien chez les étudiants, parfois découragés avant la fin de leur cursus, que chez les travailleurs, qui parfois vont jusqu’à envisager de quitter ce pour quoi ils se sont si fortement engagés. « En décembre 2020, l’étude « Power to Care » de Sciensano et de la KU Leuven rapportait en effet que 22 % des professionnels de l’aide et des soins envisageaient d’arrêter leur métier suite à la crise sanitaire », poursuit-elle. « Sur le marché de l’emploi, 90 % des professions du secteur psycho-médico-social figurent parmi les métiers en pénurie, selon le Forem et Actiris. Parmi ceux-ci, les métiers d’infirmier, de puériculteur, d’aide-soignant, d’aide familial, etc. »

En quête de valeurs

C’est dans ce contexte que s’inscrit la campagne « J’aime mon métier », qui vise précisément à redorer le blason de ces professions en crise de vocations, en en soulignant nombre de raisons justifiant d’en faire, nonobstant cette époque compliquée, un choix professionnel épanouissant. Autrement dit : la réalité est là, elle semble à raison fort négative et il n’est pas question de l’édulcorer, mais il n’en reste pas moins que, nonobstant les conditions de travail ou la rémunération, il reste une fenêtre pour parler aussi du sens à trouver dans le travail, de valeurs emblématique telles que la solidarité, l’empathie, la bienveillance, notamment.

« Nous croisons de nombreux travailleurs et organismes via notre quotidien au Guide Social. Des gens captivés, engagés, uniques. Certains sont militants, d’autres désabusés, d’autres plus motivés que jamais. Certains parlent de leur métier comme d’une vocation, d’autres comme d’une passion. Certains ne savent pas vers quel métier s’orienter et manquent d’informations concrètes.

Tous partagent l’envie d’une aventure professionnelle chargée de beaucoup de sens », poursuit notre interlocutrice. « Ces histoires méritent qu’on les raconte. Nous sommes persuadés qu’en mettant ces métiers humains en valeur, en leur laissant la parole, leur parole, nous pouvons, à notre échelle, participer à la revalorisation indispensable de ces professions. »

Rencontres de terrain

C’est donc en allant sur terrain, à la rencontre de ces professionnels, qu’est poursuivi l’objectif de susciter de nouvelles vocations. Le fruit de ce travail, décliné sous forme de portraits, d’interviews, de podcasts ou de vidéos, vise à éclairer, au départ d’histoires personnelles, le quotidien de ces personnes, sous la forme des défis qu’elles rencontrent mais aussi par le biais de tout ce qui justifie leur passion. Le tout est accompagné de fiches d’informations relatives aux formations, aux débouchés, aux types de contrats ou aux salaires pour chaque métier.

Le projet, faisant la part belle aux travailleurs des soins de santé, dans les hôpitaux ou les maisons de repos par exemple, brasse large puisqu’il aborde aussi le quotidien dans les centres psychiatriques, les centres d’accueil pour les personnes sans-abri, les prisons, les centres de planning familial, les résidences pour personnes porteuses de handicap, les CPAS, Fedasil ou encore les milieux d’accueil de la petite enfance, notamment.

Sensibilisation la plus large

Le public visé est tout aussi large. « Nous nous adressons aux professionnels du secteur eux-mêmes », commente Émilie Vinçotte. « Avant d’évoquer la crise des vocations, nous pensons qu’il est bon aussi pour ces personnes d’entendre le témoignage de leurs pairs : la revalorisation passe, aussi, par le fait de les mettre en lumière, de raconter leurs métiers et l’utilité de ceux-ci. » Une autre manière de les applaudir, en quelque sorte…

« La seconde cible est bien évidemment constituée de celle et ceux qui pourraient trouver leur épanouissement dans ces professions. Des jeunes qui n’ont pas encore fait le choix de leurs études, mais aussi le cas échéant des personnes qui pensent perdre leurs valeurs ou leur identité dans leur job actuel et pourraient être attirées par le fait de rejoindre des activités davantage porteuses de sens à leurs yeux.

« Le troisième public est celui de la société au sens large, et des décideurs qui sont amenés à faire des choix importants pour ce secteur. Témoigner du quotidien de ces professions peut contribuer, aussi, à battre le fer de la reconnaissance et de la valorisation. »

Bénéficiant de partenariats

De divers organismes publics et d’acteurs concernés tels que des hôpitaux ou des organismes d’enseignement, la campagne « J’aime mon métier » devrait se décliner durant toute cette année. Mais son initiatrice n’exclut pas de la poursuivre, ne doutant pas de son utilité.

« La crise sanitaire a remis en avant l’engagement précieux et le rôle primordial des professionnels du secteur social et de la santé. Aujourd’hui, les missions que ces femmes et ces hommes accomplissent au quotidien apparaissent plus essentielles que jamais. Malgré cela, les professions du secteur psycho-médico-social sont frappées par une crise des vocations et par une inquiétante perte d’attractivité », Émilie Vinçotte, co-directrice de l’Agence pour le Non-Marchand.

C’est donc en allant sur terrain, à la rencontre de ces professionnels, qu’est poursuivi l’objectif de susciter de nouvelles vocations. Le fruit de ce travail, décliné sous forme de portraits, d’interviews, de podcasts ou de vidéos, vise à éclairer, au départ d’histoires personnelles, le quotidien de ces personnes, sous la forme des défis qu’elles rencontrent mais aussi par le biais de tout ce qui justifie leur passion.

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