Véhicules hybrides : former les mécaniciens de demain

Le parc automobile est en pleine révolution. Avec l’arrivée de véhicules hybrides, les mécaniciens doivent développer de nouvelles compétences. Pour mieux les préparer, Bruxelles Formation propose aujourd’hui deux certificats spécifiques au sein de son atelier mécanique.

Le marché de l’hybride gagne chaque jour du terrain. Chez Toyota, pionnier du marché, les véhicules hybrides représentent déjà  20 % des ventes. Chez Lexus, sa division de luxe, toutes les voitures ont leur double moteur : électrique et essence/diesel. Les avantages sont connus : consommation réduite de carburant, réduction des émissions de gaz polluants, silence au démarrage et confort de conduite. Mais avec un moteur thermique et l’autre électrique, les véhicules hybrides sont aussi des machines complexes à  concevoir, à  réparer et entretenir. Avec leur arrivée, le secteur est confronté à  une véritable révolution technologique. Exit les méthodes de travail et les repères des garagistes d’hier : il faut acquérir de nouveaux réflexes en matière de sécurité, de nouveaux gestes.

Deux nouveaux certificats

En collaboration avec Educam, centre de connaissance et de formation du secteur automobile, Bruxelles Formation a donc décidé de former ses stagiaires mécaniciens aux véhicules électriques et hybrides. D’ici quelques mois, deux certificats HEV (Hybrid Electric Vehicle) seront donc intégrés à  la formation en mécanique des demandeurs d’emploi. Nous donnions principalement des formations sur les véhicules essence et diesel. Or, il suffit d’ouvrir le journal et même de regarder dans la rue pour voir que les véhicules hybrides arrivent en force, commente Stefano Montel, directeur du pôle industrie de Bruxelles Formation. Grâce à  ces nouveaux certificats, nos stagiaires pourront intervenir sur tous les véhicules qui arrivent dans un garage.

Sécurité maximale

Le certificat HEV 1 s’adresse aux collaborateurs qui n’interviennent pas directement sur les systèmes hybrides, mais qui sont amenés à  être en contact avec ce type véhicule au cours d’un entretien de routine (remplacement d’un pneu, travaux de carrosserie...). Il permet surtout de sensibiliser les mécaniciens aux risques spécifiques d’un véhicule à  propulsion électrique et donc aux précautions à  prendre.

Le niveau 2 s’adresse aux mécaniciens susceptibles d’être mis en contact avec un système hybride mis hors tension : les procédures de sécurité y sont examinées en détail. Dans les voitures traditionnelles, la batterie fait 12 volts ; dans les hybrides, les tensions rencontrées atteignent les 400 volts, commente Stefano Montel. Ce sont donc des véhicules non seulement moins bien connus, mais aussi plus dangereux. Il est d’ailleurs question que tous les pompiers reçoivent cette formation pour pouvoir intervenir sur le lieu d’un accident en toute sécurité. Et aujourd’hui, dans les garages, cette connaissance est exigée.

Du serious game aux travaux pratiques

Définir un périmètre de travail sécurisé, porter une salopette ignifugée, des gants haute tension, des chaussures isolantes, manipuler des multimètres (appareils de mesure) adaptés : une autre routine doit être intégrée par les mécaniciens. L’apprentissage se fait d’ailleurs prioritairement au moyen d’un serious game : les stagiaires y apprennent à  consigner et déconsigner un véhicule (enlever ou remettre la tension électrique) virtuellement avant de passer aux travaux pratiques sur une Toyota Prius. Une mesure de sécurité ludique qui permet d’intégrer les gestes de demain.

1997

Année de lancement de la première voiture hybride, la Prius, par Toyota.

1,2 %

Proportion de véhicules hybrides parmi les immatriculations belges en 2013.

34,6 %

Augmentation des ventes de véhicules hybrides en 2013 en Europe. En France, cette progression a même atteint les 65 %.

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