Willy Walraeve (Atos): "Je rêve d'une société sans cash"

Willy Walraeve, CEO d'Atos Worldline Benelux

Willy Walraeve a exercé les fonctions de Vice President Information Systems chez Sabena Group et de CEO d’Atraxis. Depuis mars 2012, il est CEO d’Atos Worldline Benelux. Atos est active dans le domaine des paiements électroniques de Visa, Mastercard, Bancontact et Proton notamment.

Chaque jour de septembre, Références pose dix questions à un CEO belge de renom à propos de sa vision du futur, de son secteur et de sa carrière. Aujourd'hui: Willy Walraeve, CEO d'Atos Worldline.

1. Selon vous, quelles sont les cinq fonctions qui ont de l’avenir dans votre secteur? Pourquoi ?

« Notre secteur innove en permanence, nous sommes donc à la recherche de personnes passionnées par les technologies et qui comprennent en quoi consistent nos activités. Le contexte international dans lequel nous opérons requiert que l’on fasse preuve d’un esprit ouvert vis-à-vis du monde. »

2. Quels profils sont les plus adaptés pour exercer ces fonctions ?

« Si vous disposez à la fois d’un vif intérêt pour la technologie, d’un bon flair commercial et d’une solide maîtrise des langues, les emplois de demain sont faits pour vous. Nous avons besoin de techniciens, mais aussi de marketeers, de personnes chargées des contacts avec les clients, de business developpers et de product managers pour renforcer notre part de marché. »

3. Peut-on trouver sur le marché du travail suffisamment de personnes avec ce profil ? Ou y a–t-il pénurie de talents ?

« Recruter de tels profils n’est pas un jeu d’enfant. On assiste incontestablement à une ‘course aux talents’. Les ingénieurs et les informaticiens en particulier se font rares : la demande surpasse l’offre. En dépit de cette pénurie, Atos Worldline a néanmoins engagé 100 collaborateurs l’an dernier. Nous veillons à un bon équilibre entre les jeunes diplômés, les seniors détenteurs d’expertise et les plus de 50 ans expérimentés. »

4. L’enseignement belge prépare-t-il assez les étudiants à ces jobs qui ont de l’avenir ?

« Les entreprises et l’enseignement (supérieur) sont des univers trop isolés : je préconise davantage de symbiose. Les jeunes sont en théorie bien formés, mais manquent d’expérience sur le terrain. Cela peut se faire en opérant dans deux directions : multiplier les stages en entreprise, mais aussi permettre aux professionnels d’exposer des cas concrets dans les écoles, de façon à ce que les jeunes perçoivent mieux ce que l’entreprise attend d’eux. Une façon également pour les entreprises de découvrir ce qui motive les jeunes. »

5. Quelles sont les principales tendances dans votre secteur? Et les défis ?

« Le traitement rapide et sûr de grandes quantités d’informations gagne en importance. En Belgique, on assiste à une forte augmentation du nombre de transactions électroniques au fil des années et nous visons les 2 milliards de transactions par an. Les préoccupations d’ordre écologique de l’utilisateur final prennent de l’ampleur et il est de plus en plus demandeur de facilité d'utilisation. La dématérialisation en est un bel exemple, d’où  nos activités d’e-archivage. Une autre tendance-clé concerne l’aspect ‘mobilité’ : l’accès permanent et à tout endroit aux services et la connexion en continu à ces derniers. Il suffit de songer à la possibilité de payer avec son smartphone. »

6. Dans votre marché, où se situe le potentiel de croissance ?

« Les paiements électroniques deviennent de plus en plus la norme. À travers nos systèmes stables et notre large expertise, nous nous tournons plus que jamais au-delà des frontières nationales. Nous avons l’intention de commercialiser davantage à l’étranger les terminaux de paiement que nous développons en Belgique. Atos Worldline traite d’ailleurs toutes sortes de transactions, dont celles liées aux télépéages, à l’e-archivage et aux compteurs d’énergie. »

7. Quel projet ou défi votre entreprise doit-elle encore réaliser pour 2020 ?

« Je rêve d'une société sans cash. Peut-on y arriver d’ici 2020 ? Techniquement, c’est parfaitement possible et nous pouvons relever le défi. »

8. Quelle est la plus grande erreur que vous avez faite lors de votre carrière ?

« Je pense qu’il faut apprendre de ses erreurs, mais qu’il est plus important encore de tourner la page. Let it go. Je suis un homme heureux parce qu’au lieu de me laisser paralyser par mes erreurs, j’en tire des leçons. »

9. Selon vous, quelle est la pire conséquence de la période de crise que nous traversons depuis quelques années ?

« “Never waste a good crisis”, est ma devise. La crise financière et monétaire porte certes à conséquences pour notre entreprise, étroitement liée au système bancaire. Mais on remarque aussi que les banques se réinventent et se mettent en quête de renouvellement dans leur portefeuille de produits. Atos Worldline fournit ces produits, ce qui dégage des opportunités pour notre entreprise. »

10. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui se lancent sur le marché du travail ?

« J’aimerais dire à tous ceux qui intègrent le marché de l’emploi que leur travail doit toujours leur apporter du plaisir. Si vous vous amusez, vous serez plus conscient(e) du travail que vous effectuez, vous stimulerez vos collègues et vous obtiendrez de meilleurs résultats. Je suis convaincu que cette attitude est tout aussi importante qu’un diplôme ou une formation. »

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