Y a-t-il une vie après le krach ?

Dans la foulée de la crise, vous avez perdu votre emploi. Les années passent, les licenciements se poursuivent. Volontairement, vous vous tenez à l'écart du marché. À présent, vous aimeriez revenir dans l’arène. Mais vous vous estimez hors jeu ? Pas de panique. Après avoir organisé des raids d'une extrême brutalité, joué sa part de responsabilité dans le déclenchement de la plus grave crise économique depuis la Grande Dépression et après avoir versé un demi-milliard de dollars pour mettre fin aux poursuites pour le plus grand délit d'initié de tous les temps, Goldman Sachs veut toujours de vous. Lancé en 2008, le programme Returnship de Goldman s’adresse à des professionnels éloignés du marché du travail. Il leur offre une nouvelle chance de booster leurs compétences à travers une série de formations conduites à New York, dans le New Jersey et à Bangalore en Inde.

Au programme : dix semaines de « remise à niveau », avec un mentorat personnalisé, des séances de renforcement des compétences, des exercices d'évaluation avec les managers et du réseautage de haut vol. Les returnees marquent-ils l’avènement des stagiaires de plus de 40 ans ? Pour la banque, le Returnship est un emploi rémunéré, à temps plein. Comme on peut s’y attendre, Goldman n’est pas intéressée par n’importe quel profil. La banque est en quête de dirigeants talentueux, qui ont quitté leur emploi de leur propre gré, peu importe la raison.

Galit Pearlman, vice-président et gestionnaire du Returnship Program y voit une occasion d’exploiter un vivier de talents cachés négligés par les autres acteurs de l’industrie financière. Et ça marche. À l’issue de ce programme, qui se déroule aujourd'hui dans le monde, entre 50 % et 60 % des participants sont recrutés dans la plupart des divisions de l'entreprise. Les autres utilisent les compétences acquises pour trouver un poste ailleurs à Wall Street, expliquent les responsables de la banque. Si Goldman Sachs est dépositaire du terme « returnship », jusqu'à sa chute en 2008, Lehman Brothers avait son propre programme, appelé Encore, qui consistait à recruter et à remettre à niveau des ex-financiers en interruption de carrière. Depuis, cet outil a fait des émules. De plus en plus de banques proposent un itinéraire de retour à l'emploi. Objectif majeur : augmenter la représentation des femmes dans le secteur bancaire, encore trop tenues à l’écart des postes-clés.

Texte: Rafal Naczyk

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